5 choses à savoir sur le testing musculaire

  • La pratique ostéopathique
  • 20 Avril 2021
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Qu’est-ce que le testing musculaire ?

Une évaluation de la force musculaire

Un testing musculaire est un examen permettant d'évaluer la force d'un muscle ou d'un ensemble de muscles. Cet outil clinique fait partie des éléments pratiques que l’ostéopathe doit maîtriser dans le cadre de son examen d’opportunité sur le patient.

 

Un référentiel universel

La force musculaire doit être exprimée en fonction d'une échelle graduée allant de 0 à 5. L'échelle des cotations, initialement développée par le Medical Research Council of the United Kingdom, est à présent universellement utilisée.

 

Dans quels cas l’ostéopathe doit l’utiliser ?

En fonction du symptôme

Les patients qui se plaignent de faiblesse musculaire peuvent entendre par là fatigue, maladresse ou réelle faiblesse musculaire. L’ostéopathe doit donc définir précisément les symptômes, en particulier leur topographie exacte, l'horaire, les facteurs d'aggravation et d'atténuation ainsi que la symptomatologie associée.

 

En fonction de l’examen clinique

L’ostéopathe peut dès l'inspection déceler un déficit moteur, un tremblement ou tout autre mouvement involontaire. Il teste ensuite la force des groupes musculaires contre résistance, en comparant un côté du corps à l'autre. La douleur peut cependant inhiber le plein effort pendant l'examen.

 

Comment se déroule un testing musculaire ?

Choisir le testing adéquat

La force d’un muscle doit s’étudier en comparaison avec celle de son homologue controlatéral. Le praticien doit tenir compte de l’âge, du sexe et de l’activité habituelle du patient. Des positions favorables doivent être choisies pour l’étude de chaque groupe musculaire.

 

Les différentes cotations

  • Une cotation 0 correspond à une contraction nulle. 
  • Une cotation 1 correspond à une une contraction musculaire palpable sous les doigts mais aucun mouvement n’est possible.
  • Une cotation 2 correspond à une contraction musculaire permettant un mouvement de l’articulation sur toute son amplitude, le membre étant sur un plan horizontal sans effet majeur de la pesanteur.
  • Une cotation 3 correspond à un mouvement possible dans toute son amplitude et contre la pesanteur.
  • Une cotation 4 correspond à un mouvement possible dans toute son amplitude, contre l’action de la pesanteur et contre une résistance manuelle de moyenne importance.
  • Une cotation 5 correspond à un mouvement complet contre une résistance manuelle maximale

La cotation est affinée par l’adjonction de signes plus (+) et moins (-). Ces signes sont utilisés quand l’amplitude n’est pas complète (-) ou quand un muscle a plus d’efficacité que la définition ne lui accorde (+). 

Quels sont les intérêts du testing musculaire ?

Intérêt diagnostique

Le testing musculaire permet d’identifier précisément les muscles touchés ainsi que les niveaux neurologiques d’atteinte de la motricité. L’ostéopathe pourra ainsi être amené à réorienter le patient si l’atteinte nécessite une consultation médicale.

Intérêt évolutif

Le testing musculaire permet aussi d’apprécier l’aggravation ou l’amélioration d’un déficit, ou encore l’efficacité d’une thérapeutique lorsque le patient est dejà suivi médicalement.

Quelles sont les limites du testing musculaire ?

Une expérience pratique nécessaire

Le testing doit être effectué par un praticien expérimenté, avec une reproductibilité optimale.

De nombreuses situations cliniques peuvent rendre son interprétation difficile comme par exemple la douleur ou encore une participation insuffisante du patient.

Le manque de précision du testing musculaire

La cotation reste relativement grossière, notamment au-dessus de 3, raison pour laquelle on complète parfois le testing de certains muscles par des examens médicaux plus précis. 

Il s’agit d’un score de déficience qui ne renseigne pas sur le handicap réel. 

Au moindre doute dans l’examen clinique, l’ostéopathe devra faire preuve de prudence et réorienter le patient vers un médecin.

Sources

  1. Karin Wieben (2016), Le testing musculaire : Guide visuel
  2. Dale Avers, Marybeth Brown, Michel Pillu, Michèle Viel-Esnault (2020), Le bilan musculaire de Daniels et Worthingham
  3. Michèle Lacôte (2019) Evaluation clinique de la fonction musculaire

 

Liens et supports utiles

https://www.msdmanuals.com/fr/professional/troubles-neurologiques/examen-neurologique/comment-évaluer-la-force-musculaire

http://umvf.omsk-osma.ru/campus-neurologie/cycle2/poly/0300faq.html